La médiathèque intercommunale de Saint-Dié-des-Vosges conserve environ 1 100 manuscrits qui couvrent une période allant du XIIe au XXe siècle. 

Histoire locale, littérature, faune et flore, militaria, vie politique : tels sont les sujets abordés par ce fonds hétéroclite.  

Une campagne de numérisation a été entreprise afin de mettre en ligne, sur la bibliothèque numérique du Sillon Lorrain, les plus belles pièces de notre collection. L'inventaire complet de nos manuscrits est également en ligne sur le site du Catalogue Collectif de FRance (CCFR).

 


 Graduel 

Manuscrit sur velin

750 x 540 mm

Médiathèque intercommunale de Saint-Dié-des-Vosges, MS.74

B884136201 MS 0074 0338rLe graduel de Saint-Dié impressionne par son aspect monumental et la qualité de son décor. Il comporte aujourd’hui 361 feuillets, illustrés de bordures et de 2140 initiales. La reliure actuelle, aux armes du chapitre, date du XVIIIe s. Elle réunit deux parties, chacune avec sa propre foliotation, correspondant à l’origine à deux volumes distincts.

Les armoiries peintes livrent des indices précieux sur les commanditaires. Les armes du chapitre, « d’or, à une bande de gueules, chargée de trois roses d’argent » sont présentées 9 fois. Les autres feuillets illustrés portent les armoiries de plusieurs chanoines et d’un couple laïc.

Le chanoine Laurent Pillard (1450 ?-1514) occupe une place de choix. En effet, il est le seul à se faire représenter, au pied de son saint patron (f° 326 v°), et à afficher ses armes à plusieurs reprises, « d’azur au maillet renversé d’or accompagné à dextre d’un Le et à senestre d’un P liés par un lac d’amour du même ». Elles apparaissent à 7 endroits : de part et d’autre de l’écu, deux ours mordent les bâtons écotés formant un cadre autour de l’écu. Laurent Pillard apparaît donc, avec le chapitre, comme le principal commanditaire du graduel.

Au moins trois peintres se sont partagé l’ornementation du graduel. Ils sont intervenus successivement et à des moments chronologiquement espacés, semble-t-il. Outre deux peintres locaux, on peut identifier un artiste connu sous le nom de Maître des entrées parisiennes.

Le répertoire des initiales indique des emprunts français, germanique et italien. La cohabitation des différents styles, l’exubérance des motifs et la forte affirmation d’un style qui n’a pas d’équivalent en Lorraine, font du graduel de Saint-Dié une œuvre originale et exceptionnelle. La qualité du décor, l’omniprésence de l’héraldique et de l’emblématique, tout comme le programme iconographique des moments forts de l’année liturgique soulignent son caractère précieux.

La version numérique du graduel est disponible via la bibliothèque numérique du Sillon Lorrain.


 

B884136201 MS 0058 617 saint nicolas Breviarium Praemonstratensis

XVe siècle

Manuscrit sur velin, 175 x 127 mm

Médiathèque intercommunale de Saint-Dié-des-Vosges, MS. 58

Un bréviaire est un ouvrage liturgique contenant les textes nécessaires pour l'office religieux.

D'après le folio 100, ce bréviaire aurait été copié à Winbach (Haut-Rhin) pour Albert, chanoine d'Étival et prieur du lieu.

Au 11 novembre, dans le calendrier débutant l'ouvrage, une dédicace d'Étival a été ajoutée, ce qui paraît indiquer que le bréviaire fut à l'usage de cette abbaye du diocèse de Saint-Dié. 

La belle reliure ancienne, en peau de truie sur ais de bois, est renforcée au moyen de coins et fermoirs en cuivre ciselé signés H.B.

Sur ce folio, la fête de Saint-Nicolas bénéficie d'une présentation particulièrement somptueuse : le saint habillé en évêque occupe l'intérieur d'un "A" majuscule bleu dont les montants accueillent des anges. Dans la marge inférieure se trouvent deux bourgeois tandis qu'un troisième occupe le coin droit en haut de la page. 


Isidori Etymologiae carte T en O

Isidore de Séville ( ? - 636)

XIIe siècle

Médiathèque intercommunale de Saint-Dié-des-Vosges, MS.6

Manuscrit incomplet, ce traité des Etymologies faisait partie d'un recueil plus complet des œuvres de Saint Isidore. Ces Etymologies constituent une somme des connaissances au VIIe siècle. Isidore de Séville y ébauche une classification des connaissances en arts libéraux, sciences morales, naturelles, agriculture et arts manuels. Le sujets de géographie sont traités dans les livres XIII et XIV.

Ce folio donne une représentation du monde ainsi que le régime des vents. Au centre, le globe terrestre avec trois parties : Asia, Europa et Africa. Des cercles concentriques expriment la pluralité des cieux entourés de douze vents qui soufflent sur le monde et l'animent. Cette carte de type "T en O" représente avec le T les fleuves séparant les trois continents et la lettre O représente l'océan circulaire qui entoure la terre.